Fiche de lecture 3 : Nous étions un 23 juillet

TITRE : Nous étions un 23 juillet

AUTEUR : Lova Nyemb Bassong

Type : Roman

Première de couverture du livre

Personnages

Mahola Mebenga, narratrice, femme de 43 ans

Kilamah, ancien amoureux de Mahola, destinataire de la lettre

Erwing Courrier, 1er mari de Mahola

Nicolas, 2e mari de Mahola

Jean-Mbas « Jeannot », frère de Mahola

Narouska, soeur de Mahola

Collins, ancien compagnon de Mahola

Il s’agit là des noms des personnages qui reviennent souvent dans l’histoire et dont il faut retenir les noms.

Cadre spatio-temporel

La narratrice a longtemps vécu au Cameroun. On y retrouve plusieurs noms de ville : Yaoundé (plus précisément au quartier « Essos ») et Buéa. Puis, elle a vécu à Paris, au Sénégal, à Londres puis au Canada.

En ce qui concerne l’époque, il n’y a pas d’indications précises sur l’époque à laquelle l’histoire se déroule. Cependant, je pense que l’histoire se déroule au début des années 2000.

Vocabulaire

  1. Confiteor : prière latine commençant par ce mot et par laquelle on se reconnaît pêcheur
  2. Missive : tout écrit que l’on envoie à quelqu’un, une lettre
  3. Lancinante : qui obsède, qui tourmente
  4. Encablure : Ancienne mesure de longueur appliquée aux câbles des ancres et qui servait à estimer les courtes distances
  5. Marasme : Affaiblissement des forces morales ; découragement, dépression
  6. Boutade: Trait amer qui trahit quelque mauvaise humeur ou une vue pessimiste.
  7. Archétype : Modèle original ou idéal sur lequel est fait un ouvrage, une œuvre.
  8. Diatribe : Critique amère et violente
  9. Grabataire : se dit d’un malade qui ne peut pas quitter le lit
  10. Irascible : qui est prompt à s’irriter
  11. Bigote : qui est d’une dévotion étroite et excessive

Résumé

Mahola est une femme de 43 ans, mère de 2 enfants et mariée à Nicolas, son second mari. Mahola est atteinte du cancer du sein et comptant ses derniers jours, elle décide d’écrire une lettre à son amour de jeunesse : Kilamah. Dans une lettre adressée à ce dernier, Mahola raconte sa vie dans une transparence totale. Sa vie avant leur rencontre, leur relation, ses peurs, ses aspirations, ses regrets. Il s’agit en fait d’une très longue lettre d’amour.

Thèmes abordés

Dans cet ouvrage, quelques thèmes ont attiré mon attention.

Le mariage avec Erwing: Erwing est un homme trop sensible

Page 21 : « ma culture m’a appris qu’un homme était fort. Un homme ne se plaignait pas. Un homme ne geignait pas. Un homme devait dominer, commander, à la limite écraser. […] Comment allier ce mari de mes pensées toujours impérieux, sûr de lui, à mon cher et tendre Erwing, qui face à la difficulté craquait et tiens-toi bien, allait jusqu’à s’attendre à ce que moi, sa femme, le console ?« 

Avis personnel

L’homme viril que Mahola décrit ici est l’idéal d’un bon nombre de femmes. Mon avis sur la question est différent : avant d’être un homme, Erwing est un être humain. Il a le droit d’avoir peur, d’avoir un sentiment d’insécurité et même de pleurer. C’est normal, c’est humain. Je pense que dans un couple marié, les deux époux doivent se soutenir et se compléter. La vie pouvant se montrer difficile, avec qui peut-on se montrer fragile si ce n’est la personne qui partage notre lit ? Je dirais personne. On peut facilement tomber en dépression si on n’a pas la possibilité de partager les sentiments qui nous animent. Quitte à passer pour une chochotte, il est préférable d’avoir une bonne santé mentale.

Les relations mixtes (inter-raciales)

Page 22 : « J’aimais beaucoup Stéphane, même si je sais que pour lui comme pour moi, notre relation était fondée sur le besoin d’explorer la différence »

La difficulté administrative de la vie dans un pays étranger

Page 31 : « Si vous n’êtes pas contents, vous pouvez toujours rentrer dans votre pays ». C’est la phrase qu’un officier Français a dite alors qu’ils venaient renouveler leurs papiers et qu’ils se plaignaient de la qualité du service.

Kilamah, un amour de jeunesse

A la page 64, Mahola décrit leur première nuit de sexe. Leur relation ressemblait à de la passion plutôt qu’à de l’amour.

Le complexe du colonisé

Page 89 : « On parlait toujours du Blanc comme d’un être souverain »

Ici, Mahola s’indigne du fait que le Blanc soit érigé aux yeux de son entourage Noir (Africain) comme étant un être supérieur. Toutes les femmes veulent des enfants métisses, la peau noire étant considérée comme un tare. A vrai dire, l’indignation de Mahola face à la mentalité de ses congénères m’a surprise. Bien qu’étant fière de sa peau noire, au début de sa lettre qu’elle a toujours été différente des autres. Son souhait le plus cher était de vivre en Europe, « chez les Blancs », s’exprimer comme eux, être occidentale. Voilà pourquoi son discours de la page 89 m’a semblé contradictoire. Si elle ne considérait pas les Blancs comme des êtres supérieurs, pourquoi s’évertuait-elle à vouloir leur ressembler ?

Discrimination des anglophones

Page 93 : « de manière générale, au pays, si vous les anglophones n’étiez pas maltraités, je ne pourrais dire pas dire que vous étiez appréciés à votre juste valeur. Je me souviens par exemple que dans mes années lycée, lorsqu’un ou une francophone sortait avec une anglophone, c’était perçu comme une tare. […] Je me demanderai toujours pour quelles raisons nous nous sentions si supérieurs. »

Pour des lecteurs qui ne sont pas originaires du Cameroun, un explication s’impose.

Carte du Cameroun

La République du Cameroun est un Etat qui possède deux langues officielles : le français et l’anglais. Sur cette carte du pays, la partie en bleue représente la zone francophone tandis que la partie en rouge représente la partie anglophone.

Mahola a bien raison sur ce sujet, et l’auteure fait bien d’évoquer ce thème car il s’agit d’une réalité du pays.

La violence sexuelle : Viol

Page 105, 106 : « tu dois vraiment être bonne pour que tout le monde veuille te prendre ainsi de force. »

Mahola a subi 3 viols dans sa vie. Les deux premiers ont été perpétrés par des employés de maison durant son enfance et le troisième par un de ses amis, quelques années plus tard. Elle n’en a jamais parlé parlé autour d’elle.

Le silence face à la dépression : page 109

Ici, Mahola a vécu son mal-être toute seule, ce qui est une très mauvaise chose. Lorsqu’on traverse des moments difficiles, le fait d’en parler autour de soi est un chemin sûr vers la guérison.

L’intervention divine

Page 111 : « Il est grand le mystère de la foi, disent les catholiques. Tout ce que je sais, c’est qu’au bout de deux années d’échanges intenses, j’étais transformée. […]La vraie force de la foi. […] La foi est un don, le pardon une puissance qui libère et l’amour une décision. »

La foi de Mahola est ce qui lui a permise de sortir du gouffre dans lequel elle était tombée après le 3e viol. Il s’agissait d’une renaissance.

Les couples de religions mixtes

Page 113 : « Comment envisages-tu un bébé avec une femme dont les convictions sur les questions métaphysiques diffèrent complètement des tiennes ? Je t’aime avec mon cœur tu sais. That’s why je me sens tout à fait capable de vivre avec toi, respectant ta réticence à la question de Dieu, mais toi ? Es-tu capable de me laisser vivre ma foi? »

Ce genre de relations peut entraîner certains conflits. Bien qu’il existe des couples qui parviennent à cohabiter tout en ayant des religions différentes, la difficulté survient généralement lorsqu’il faut donner une éducation aux enfants. Laquelle choisir dans ce cas ? Dans la plupart des cas (que j’ai rencontrés), les valeurs du père prédominent. Dans ce cas précis, Mahola étant une fervente chrétienne, il était inadmissible de ne pas inculquer ses valeurs à ses enfants.

Le cancer du sein

Le ruban rose, symbole de la lutte contre le cancer du sein

Mahola souffre du cancer du sein. C’est une maladie qui atteint des milliers de personnes dans le monde.

A propos de l’auteure

Photo de Lova Nyemb Bassong

Lova Nyemb Bassong est une femme originaire du Cameroun. Elle est également Teacher Assistant au département de Français de l’université de McMaster à Hamilton, Ontario. Elle a été tour tour monitrice de langue française dans plus de 16 écoles primaires en Colombie Britannique, Mentor radiophonique et animatrice à la radio francophone Victoria.

Impressions sur le livre

Le livre ne fait que 129 pages donc peut être lu assez rapidement. J’aime assez le style d’écriture de l’auteure, cependant je trouve qu’elle donne beaucoup de détails qui ne sont pas importants dans l’histoire. Ce qui, m’a fatiguée à certains endroits. D’un autre côté, je me dis que c’était voulu par l’auteure, pour montrer que Mahola se souvenait de chaque détail de sa vie. J’ai aimé le lire. A certains passages, il m’arrivait de crier contre mon livre comme si j’étais entrain de regarder une télénovela. 😂 L’émotion je dirais. Je suis parvenue à ressentir le mal être de Mahola et la seule envie que j’avais était d’entrer dans le livre et de donner mon opinion. Pour les amoureux-ses d’histoires d’amour, je vous recommande ce livre. L’auteur nous a fait miroiter ce qu’est le vrai amour. J’ai aussi particulièrement apprécié le fait que certains faits de société y soient exposés. Cela traduit l’engagement de l’auteure sur un grand nombre de sujets.

15 commentaires sur « Fiche de lecture 3 : Nous étions un 23 juillet »

  1. Ton résumé et tes appréciations sont parfaits. Concis mais cependant super indicatifs. J’ai adoré 😍 ça a été un plaisir de te lire. Tu m’as donné envie de lire ce livre!

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  2. Merci pour cette fiche de lecture, Mervy. Elle est à la fois concise et révélatrice des thèmes abordés dans l’œuvre. Tu parle de l’auteur comme d’un écrivain engagé ; y a-t-il une leçon globale à tirer de l’œuvre ?

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  3. Purée tu m’as donné envie de le lire . J’ai beaucoup aimé comment tu as disséqué chaque gros sujet du livre et les avis que tu as apporté , on attends le prochain ♥️..

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